Encore aujourd’hui, après presque cinquante ans de recherche de la réponse juste, la définition et la délimitation du concept de performance sociétale reste encore l’objet de controverses et de divergences conceptuelles.
Les différences concernant les systèmes institutionnels, l’histoire économique et sociale, les systèmes de valeurs, les mentalités, permettent d’expliquer les différentes définitions de la RSE.
Aux Etats-Unis, par exemple, la RSE a traditionnellement été définie en tant que modèle philanthropique. Là-bas, les entreprises donnent une partie de leurs profits à des fins caritatives ; de nature post factum.
Par comparaison, le modèle européen est beaucoup plus concentré sur l’application de critères d’action sociale à tous les stades d’activités des entreprises.
En outre, la RSE sous le terme anglais de « Corporate Social Responsibility », se définie au sens large comme « l’intégration volontaire par les entreprises de préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales et leurs relations avec leurs parties prenantes » car elles sont de plus en plus conscientes qu’un comportement responsable se traduit par une réussite commerciale durable. (Livre vert « Promouvoir un cadre européen pour la responsabilité sociale des entreprises » donné par la Commission Européenne).
La RSE penche également vers une gestion socialement responsable du changement au niveau de l’entreprise. Ce résultat est obtenu lorsque celle-ci s’efforce de trouver des compromis équilibrés et acceptables pour tous. Le but final serait de satisfaire de manière optimale les exigences et les besoins de toutes les parties prenantes ;
Elle couvre les préoccupations sociales et environnementales qui doivent être intégrées dans la stratégie et les opérations commerciales ;
Tourné vers le concept volontaire de la RSE. L’importance de la manière dont les entreprises interagissent avec leurs parties prenantes internes et externes est également soulignée.
Un constat évident est qu’il manque encore une définition normative complète, capable de la meilleure des façons de « réconcilier » tous les points de vue très souvent en désaccord
D’autres organes ont tenté de donner une définition à la RSE, tels que :
• L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) :
Propose une définition descriptive en estimant que la RSE peut signifier différentes choses pour différents groupes, secteurs et intervenants et qu’elle est toujours en évolution. Elle considère qu’on « s’entend en général pour dire que les entreprises dans une économie globale sont souvent appelées à jouer un plus grand rôle, au-delà de celui de création d’emplois et de richesses et que la RSE est la contribution des entreprises au développement de la durabilité; que le comportement des entreprises doit non seulement assurer des dividendes aux actionnaires, des salaires aux employés et des produits et services aux consommateurs, mais il doit répondre également aux préoccupations et aux valeurs de la société et de l’environnement ».
• Le Business for Social Responsibility (BSR)
Définit la RSE comme des pratiques d’affaires qui « renforcent la responsabilisation et respectent les valeurs sur le plan de l’éthique dans l’intérêt de tous les intervenants » ;
Il propose également que des « pratiques d’affaires responsables respectent et préservent l’environnement naturel » et qu’en « aidant à améliorer la qualité de vie et les occasions d’affaires, les pratiques d’affaires responsables donnent le pouvoir aux gens et permettent d’investir dans la collectivité où l’entreprise œuvre. Si la RSE est abordée de façon globale, elle peut livrer les plus grands avantages à l’entreprise et aux intervenants lorsqu’elle est intégrée dans la stratégie et l’exploitation de l’entreprise »
• The World Business Council for Sustainable Development (WBCSD)
Intègre la RSE dans un contexte de développement durable. Selon lui, la RSE est « l’engagement continu des entreprises à agir correctement sur le plan de l’éthique et de contribuer au développement économique, tout en améliorant la qualité de vie de ses employés et de leurs familles, de la collectivité locale et de l’ensemble de la société ».
Même dans cette formulation, la RSE est considérée comme une des trois responsabilités clés des entreprises, y compris la responsabilité économique et la responsabilité environnementale
• Le Canadian Business for Social Responsibility (CBSR)
Définit la RSE comme « l’engagement d’une entreprise à opérer dans un milieu de durabilité économique et environnementale tout en reconnaissant les intérêts de ses intervenants. Les intervenants comprennent les investisseurs, les clients, les employés, les partenaires d’affaires, les collectivités locales, l’environnement et l’ensemble de la société ».
Il précise que la «RSE va au-delà des bonnes œuvres telles que le bénévolat et la charité ».
Finalement, on peut conclure que dans toutes les définitions domine un nouveay lien – connu comme « Triple Bottom Line ».
Il correspond donc au triple P – People, Planet, Profit; ou encore Triple Résultat. Le terme est une allusion à la « Bottom Line » (ou dernière ligne du bilan), c’est-à-dire au résultat net.
Le concept « Triple Bottom Line » est la transposition de la notion de développement durable en entreprise par l’évaluation de la performance de l’entreprise sous trois angles :
Social : conséquences sociales de l’activité de l’entreprise pour l’ensemble de ses parties prenantes (les personnes) ;
Environnemental : compatibilité entre l’activité de l’entreprise et le maintien des écosystèmes (la planète) ;
Economique (Profit).

Par conséquent,
• La RSE se réfère aux activités régulières d’entreprise et non pas à ses actions philanthropiques (nombreux sont ceux qui se demandent si la philanthropie peut être qualifiée de RSE);
• La RSE est évaluée sur sa capacité à contribuer effectivement à la réalisation des buts sociaux, environnementaux et économiques ;
• La RSE sous-entend une obligation pour les entreprises à faire des rapports sur leurs performances sociales et environnementales afin de promouvoir la transparence
Source : Institut Européen de l’université de Genève
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