La recherche d’un mode de développement économique respectant l’équilibre environnemental et social est aujourd’hui une tendance dans les économies postindustrielles. Elle concerne tous les acteurs de la société, que ceux-ci soient publics ou privés, qu’ils soient issus de grandes ou de petites structures.
Toutefois, il n’en était pas ainsi dans toutes les phases de développement de ce concept, surtout pas au tout début.
Depuis les années 1950, chaque décennie connaît une vague de définitions sur la RSE. Ces réflexions ont évolué à travers quatre (4) étapes principales :
1. Années 1950 – 1960
A cette époque les premières recherches sur la RSE se sont focalisées sur l’évaluation des contours de ce phénomène.
Cette époque marque l’apparition de l’expression RSE pour la première fois. En ce temps – là les études cherchaient à déterminer les responsabilités de l’entreprise à l’égard de la société.
Les objectifs se rapprochaient plus d’une œuvre philanthropique dont la motivation première était le respect de la moralité. Il n’y avait pas de stratégie claire mais plutôt une approche ad hoc. L’initiateur était principalement l’administrateur et le concept fonctionnait selon un principe de passivité. De plus, aucun suivi ni contrôle effectué par des tiers n’étaient accomplis.
Objectif – philanthropie ;
Motivation – moralité ;
Stratégie – ad hoc (de manière ponctuelle – à la demande – pour répondre à un besoin spécifique) ;
Initiateur – administrateur ;
Initiative – passive; Aucun suivi.
2. Années 1970
Un courant de recherche s’est focalisé sur la façon dont l’entreprise pouvait concrètement détecter et gérer les problèmes de la RSE pertinents pour elle.
Cette approche a conduit à privilégier une vision plus procédurale et à travailler sur le concept de sensibilité sociétale de l’entreprise.
Objectif – philanthropie stratégique;
Motivation – intérêt à long terme;
Stratégie – systématique;
Initiateur – manager;
Initiative – réactive;
Suivi – assistance à des questions spécifiques.
3. Années 1980 – 1990
Par synthèse il fallait arriver à la définition des performances sociétales de l’entreprise. Il fallait en plus donner des réponses aux nombreuses questions.
Quels sont les principes «éthiques» de l’entreprise ? Comment l’entreprise met-elle concrètement en application ses principes ? D’où une approche plus réfléchie et plus active :
Objectif – investissement social local ;
Motivation – intérêt à long terme ;
Approche stratégique ;
Initiateur – entrepreneur, consultants;
Initiative – proactive;
Suivi – soutien et contrôle par des ONG.
4. Années 2000
Enfin, les années 2000 se caractérisent par le fait que l’entreprise cherche désormais à identifier les facteurs extra-financiers qui lui permettent de contribuer au développement durable sans sacrifier sa performance économique.
Objectif – qualité/compétitivité du milieu opérationnel;
Motivation – intérêt direct propre;
Stratégie – intégrée;
Initiateur – tous niveaux de management;
Initiative – intégrée au processus décisionnel;
Suivi – incorporé aux objectifs de management.
Les différences entre les concepts de performance sociétale, développement durable et citoyenneté d’entreprise sont à présent loin d’être clairement et suffisamment explicités. Il existe quand même une acceptation générale que, d’une part, les entreprises doivent assurer leurs tâches à l’égard d’un grand nombre de groupes sociaux, et que d’autre part, elles doivent être aptes à répondre aux attentes sociales qui proviennent de leur entourage. Toutefois, selon les phases temporelles ou annuelles, les orientations qui règnent entre la RSE et la PFE (performance financière de l’entreprise), se décrivent comme suit :
• Entre 1950 & 1960 ces deux (2) concepts sont exclus;
• Entre 1970 & 1980 constats d’un début d’inclusion de ces deux (2) concepts;
• Dès 1990 ces deux (2) sont pleinement renforcé dans leur intégration.
Source :
Les stratégies de développement durable nourrissent-elles la performance économique des entreprises?, Paris, Groupe de travail, Observatoire sur la Responsabilité sociétale des entreprises (ORSE), 2003, p. 7,
« C’est un honneur pour nous d’être à votre service »