Le chômage vise à refléter la pression immédiate exercée sur le marché du travail. Il est l’indicateur le plus connu pour mesurer le nombre de personnes qui luttent pour trouver un emploi, et c’est également un indicateur essentiel pour les décideurs politiques.
L’on estime que 189 millions de personnes seront au chômage dans le monde en 2023, ce chiffre est d’autant plus inquiétant.
Toutefois, aussi utile que soit cet indicateur, il est reconnu depuis longtemps qu’il ne rend pas compte de toutes les personnes dont le besoin d’emploi n’est pas satisfait. Les dernières estimations mondiales montrent qu’un grand nombre de personnes ne remplissent pas les conditions pour être classées comme chômeurs mais souhaitent néanmoins un emploi, soit quelques 245 millions en 2023.
En outre, les conditions à remplir pour être considéré comme chômeur sont assez strictes. Les chômeurs doivent être disponibles pour occuper un emploi à court terme et avoir été récemment à la recherche d’un emploi.
Selon la 19e Conférence internationale des statisticiens du travail (CIST), il existe (3) catégories, les chômeurs, les demandeurs d’emploi potentiels (la main-d’œuvre) et les demandeurs d’emploi volontaires, qui représentent différents degrés de participation au marché du travail.
La capacité à rechercher un emploi et à en commencer un à brève échéance n’est généralement pas répartie de manière égale entre les femmes et les hommes, ce qui est reconnu depuis longtemps. Par conséquent, pour une analyse complète des besoins non satisfaits en matière d’emploi, il est essentiel de prendre en compte toutes les personnes souhaitant un emploi mais qui ne sont pas nécessairement classées comme chômeurs.
À cette fin, l’OIT – Organisation Internationale du Travail a mis au point un indicateur, le « déficit d’emplois », qui s’appuie sur les concepts existants de la CIST pour prendre en compte toutes les personnes qui souhaitent un emploi mais n’en ont pas (y compris les chômeurs, les demandeurs d’emploi potentiels (la main-d’œuvre) et les demandeurs d’emploi volontaires qui ne cherchent pas d’emploi).
Cet indicateur, associé au chômage et au potentiel, la main-d’œuvre, donne une vue d’ensemble de la « marge de manœuvre » du marché du travail dans la marge extensive, c’est-à-dire pour les personnes qui n’ont pas d’emploi. Egalement, cet indicateur permet en outre de saisir le sous-emploi dans la marge intensive (manque d’accès à l’emploi avec un nombre d’heures de travail suffisant), qui n’entre toutefois pas dans le champ d’application de la pénurie d’emplois.
Les estimations de l’OIT montrent que les femmes sont confrontées à un déficit d’emploi beaucoup plus important que les hommes ;
Le déficit d’emploi mondial en 2023 pour les femmes étant de 13,7 pour cent, soit beaucoup plus que le taux de 9,3 pour cent pour les hommes.
En revanche, le taux de chômage mondial des femmes est de 5,3 pour cent, contre 5 pour cent pour les hommes.
Les femmes des pays en développement sont confrontées à des perspectives d’emploi désastreuses
La désagrégation des taux mondiaux révèle des différences.
Dans les pays à revenu élevé, les écarts d’emploi sont les plus faibles, avec un taux de 7,2 % pour les hommes et de 9,5 % pour les femmes ;
Toutefois, dans les économies en développement et émergentes, le déficit d’emplois tend à être beaucoup plus élevé, en particulier pour les femmes. Dans les pays à faible revenu, le déficit d’emplois pour les femmes atteint 24,3 % et 17,4 % pour les hommes.
Les résultats pour les pays à revenu intermédiaire présentent une image intermédiaire, les femmes enregistrant des taux de déficit d’emploi nettement plus élevés que les hommes.
Les différences entre les hommes et les femmes en matière de recherche d’emploi et de disponibilité à court terme pour commencer un travail ont un impact important sur les statistiques du chômage. Les mesures du chômage reflétant les besoins les plus urgents, comme le chômage, révèlent des différences modérées entre les hommes et les femmes. Des mesures plus larges du chômage, comme le fossé de l’emploi, révèlent de grandes disparités. Dans les pays en développement, la différence entre le chômage et le déficit d’emplois tend à être plus importante, en particulier dans le cas des femmes.
Ces résultats soulignent l’importance d’utiliser des indicateurs multiples pour mesurer la sous-utilisation de la main-d’œuvre féminine. Les dernières estimations du déficit d’emplois montrent qu’au niveau mondial, les femmes sont plus susceptibles que les hommes de vouloir un emploi et de ne pas en avoir, avec des taux respectifs de 13,7 et 9,3 pour cent.
En outre, ces résultats montrent également que, même si elles souhaitent travailler, les femmes ont tendance à ne pas chercher et à être moins disponibles pour accepter un emploi à brève échéance, et ce de manière disproportionnée. Par conséquent, la volonté des femmes de travailler tend à exercer une pression moins immédiate sur le marché du travail que celle des hommes, car elles sont plus nombreuses à ne pas être à la recherche d’un emploi et/ou à être disponibles.
Si l’on se concentre uniquement sur le taux de chômage pour étudier la pénurie d’emplois, on passera à côté d’un grand nombre de femmes qui ont déclaré vouloir travailler. L’existence de cet écart souligne l’importance de mesurer et d’analyser les données ventilées par sexe sur les différents degrés de participation au marché du travail pour l’élaboration des politiques.
Il est probable que les politiques visant à réduire le chômage ne seront pas aussi efficaces si elles ciblent les demandeurs d’emploi potentiels (la main-d’œuvre) ou les demandeurs d’emploi non volontaires, d’où la nécessité d’intégrer différentes approches ciblées.
Sources :
https://ilostat.ilo.org/fr/women-are-more-likely-than-men-to-want-a-job-but-not-have-one/
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